Quels cépages retrouve-t-on dans les vins sans IG au Pallet ?
Les historiques… et les discrets
Le Muscadet, chez nous, c’est forcément le Melon de Bourgogne. Impossible de s’y soustraire pour qui fait de l’AOC. Mais pour les vins sans indication géographique, le choix s’élargit. Pourtant, dans les faits, le Melon de Bourgogne continue à dominer, question de surface plantée et de tradition. Mais on lui donne des parcours différents, par exemple en macération pelliculaire, en pétillant en méthode ancestrale ou en vinification oxydative, le tout en dehors du cadre AOC.
Un autre blanc qu’on croise, c’est le Folle Blanche (ou Gros Plant). Cépage bien connu en Pays Nantais, en particulier pour le Gros Plant du Pays Nantais (une AOC à part). Mais si une cuvée ne rentre pas dans ce cahier, elle file alors naturellement en VSIG.
Les nouveaux explorés
Depuis quelques années, et avec l'assouplissement du cadre VSIG, on voit des essais sur des cépages qui, autrefois, n’avaient pas droit de cité dans l’AOC. Quelques exemples :
- Sauvignon blanc : pas ancré dans la tradition du Pallet mais tenté ici ou là, pour des assemblages fringants ou des cuvées confidentielles.
- Chardonnay : autorisé en IGP dans le Val de Loire, il apparaît ça et là, chez nous, vinifié parfois seul ou avec d’autre cépages blancs.
- Pinot gris et Pinot noir : ils pointent le bout du nez dans quelques parcelles, souvent pour tester la résistance au climat océanique et explorer des rouges ou des rosés hors-normes.
- Gamay : on en trouve dans le vignoble nantais, pour les IGP mais aussi en VSIG, notamment pour des primeurs ou des rouges légers.
- Cabernet franc ou Cabernet sauvignon : plus rares, mais quelques vignes subsistent ou sont replantées pour élargir la palette des couleurs.
- Auxerrois, Grolleau (noir et gris), Côt (Malbec), Merlot : souvent des essais, parfois sous forme de micro-cuvées, expérimentales ou destinées à la petite distribution locale.
Évidemment, dans la majorité des cas, ces parcelles restent marginales. Les chiffres de la Chambre d’Agriculture de Loire-Atlantique (source : Chambre d'Agriculture 44, chiffres 2022) montrent une domination écrasante du Melon de Bourgogne (près de 75% des surfaces), suivi, de loin, par le Folle Blanche et le Gamay. Les autres restent confidentiels, même si dans les VSIG, leur proportion est un peu plus élevée.
Comment ces cépages arrivent-ils dans nos vignes ?
Il faut le dire : il n’est pas simple de bouleverser un paysage viticole historique. Planter du Chardonnay ou du Pinot noir dans le vignoble du Pallet, ce n’est pas toujours vu d’un bon œil ; il y a les contraintes administratives, les quotas, les risques sanitaires. Mais le cadre du VSIG le permet, et certains vignerons osent la prise de risque.
Cela s’explique souvent par la volonté de préparer le futur climatique. Par exemple, certains cépages résistants — dit "cépages d’avenir" — sont essayés discrètement, parce qu’ils pourraient résister à la montée des températures ou à de nouveaux parasites (exemple : Floréal, Vidoc, Voltis, issus de la sélection INRA) (cf. VITI).