Une affaire de terroir, de climat, de parcelle
Il n’y a pas de recette miracle valable partout. Le Pallet, avec ses coteaux qui plongent vers la Sèvre et ses parcelles de schistes ou de quartz, impose ses propres lois. Un bourgeon qui réussit bien sur le versant sud, riche et chaud, ne donnera pas le même résultat dans les fonds froids, souvent plus humides.
Ajouter à cela la gestion biologique – nombreux sont aujourd’hui les vignerons en bio ou en conversion sur notre secteur. Les exigences changent : on conserve parfois moins de bourgeons pour éviter l’excès de grappes, synonyme de maladies sous forte pression mildiou ou oïdium. Pas question néanmoins de sacrifier l’équilibre entre vigueur et finesse du vin.
Un dialogue permanent entre homme et plante
Dans le Pallet, la question de la sélection des bourgeons, c’est aussi une transmission : combien d’entre nous apprennent d’abord en regardant les anciens, en écoutant leurs remarques sur la vigueur d’un cep ou la “tête” d’un bourgeon ? Souvent, un détail fait la différence : l’humidité du matin qui montre un bois trop spongieux, la trace laissée par le dernier hiver, la mémoire d’une gelée remontée depuis la rivière…
On entend parfois que la taille est un acte solitaire. C’est vrai, mais au Pallet, elle est aussi collective : on échange au détour d’une rangée, on partage un café puis on retourne tailler, chacun enrichi du regard des autres. Voilà sûrement pourquoi, même si la machine à tailler existe, ici, la main de l’homme reste majoritaire.