Un apprentissage perpétuel, un enjeu climatique
Avec le réchauffement (données Météo-France : +1,8°C sur la Loire en 40 ans), la gestion de la vigueur ne se résume plus à éviter l’excès : on lutte aussi contre le manque. Les sécheresses accélèrent la maturité, et dans certains millésimes (2019, 2022), la faible vigueur accentue les blocages de maturation. Paradoxalement, il arrive maintenant qu’on “relâche” un peu la bride pour garder de la fraîcheur et une bonne capacité d’adaptation de la vigne.
La maîtrise de la vigueur, ce n’est pas la même recette tous les ans, ni sur toutes les parcelles. C’est l’œil du vigneron et sa capacité à sentir, à anticiper, à ne pas oublier que chaque cep, chaque coteau a sa folie douce. C’est aussi accepter que, parfois, la nature a le dernier mot, et que notre plus grande fierté, c’est de savoir s’en accommoder.
La prochaine fois que vous poserez les pieds au Pallet, jetez un œil aux vignes qui descendent vers la Sèvre : la vigueur maîtrisée se lit dans la clarté des rangs, dans la vigueur sans excès, dans le silence du sol et la lumière sur les feuilles. On ne fait pas du vin sur ordonnance, ici. On compose, on ajuste, on accompagne : c’est tout le sens de ce métier.