Comment on prépare une vendange manuelle avec tri à la parcelle ?
1. La reconnaissance, colonne vertébrale du tri
Quelques semaines avant les vendanges, on arpente déjà les rangs. C’est le moment du tour de parcelle. On goûte les baies, on observe la couleur des pépins, l’état des feuilles, les démarquations de maturité entre les pieds. Cette reconnaissance n’a rien de folklorique : elle permet de décider où, et surtout quand, vendanger chaque partie de la parcelle.
Parfois, sur une même parcelle, on va différencier trois maturités selon les expositions et la vigueur. On planifie alors un passage par “zone” :
- Le haut, souvent plus précoce (sols filtrants, plus de soleil)
- Le bas, plus tardif ou parfois plus frais à cause de l’humidité matinale
- Les expositions nord/sud qui influent sur la maturité phénolique
Dans les millésimes 2022 et 2023, par exemple, l’avance des maturités sur des talus de schistes, comparée aux fonds de vallée, a atteint parfois plus de 8 jours d’écart pour une même date de vendange (source : InterLoire).
2. Matériel et équipes : à chacun son rôle
Pas de vendange manuelle sérieuse sans équipe bien briefée. Ici, la matinée commence souvent par le rituel : café, consignes, et rappel du “ça, on prend” et “ça, on laisse”. Chaque vendangeur a une feuille ou une photo de grappes à la maturité idéale et de ce qu’on refuse : baies acidulées, desséchées, atteintes par la pourriture ou à grains trop verts.
- Sécateurs désinfectés : pour éviter de propager d’éventuelles maladies.
- Caisse, seau ou hotte : chaque récolte est déposée délicatement, pour ne pas éclater les baies.
- Porteurs et contrôleurs : certains passent vérifier les caisses, refont parfois le tri “à la volée”.
| Rôle |
Tâche |
Spécificités au Pallet |
| Vendangeur |
Coupe et trie selon consignes |
Repère la maturité visuelle et au goût |
| Porteur |
Transporte jusqu’à la benne ou à la table de tri |
Surveille la fragilité des raisins |
| Contrôleur |
Vérifie le contenu des caisses/seaux |
Renforce le tri avant camion ou pressoir |