Un équilibre à retrouver : l’avenir est-il à la sélection massale ?
L’époque a beaucoup changé. Planter en massale, c’est accepter de sortir des sentiers battus de l’hyper-technologie, choisir la patience plutôt que la rapidité. Coût du plant, temps d’observation, incertitude sur l’homogénéité : c’est moins rentable à court terme, mais plus pertinent pour qui veut transmettre quelque chose.
La bonne nouvelle, c’est que l’observation de ces vieilles souches en bonne santé, l’intérêt des consommateurs pour les vins de lieu plus que les marques de cépage, poussent toute une génération de vignerons à se questionner. En 2023, le Conservatoire du Melon de Bourgogne a mis à disposition pas moins de 60 génotypes différents issus de vieux ceps, favorisant le renouveau massal sur le bassin de Nantes (source : INRAE).
Il y a aussi une urgence climatique. On sait (INRAE, 2022) que les vignes de sélection massale se montrent moins hétérogènes dans leur comportement face à la sécheresse et à la chaleur marquée, grâce à la sélection sur le terrain et non en laboratoire.
Un dernier point d’actualité : la lutte contre le dépérissement du vignoble nantais, qui touche 12% du vignoble depuis 2010, est aujourd’hui appuyée par une stratégie de replantation prioritaire en massale, avec un plan national “Renouvellement du patrimoine viticole” récemment mis en route (source : FranceAgriMer).